Dialogue au Togo : la communauté internationale s’agace

Préoccupées par la tournure que prend le dialogue intertogolais ouvert le 19 août à Lomé, les Nations Unies, l’Union européenne et les ambassades d’Allemagne, de France et des États-Unis au Togo ont réagi lundi invitant le pouvoir et l’opposition engagés dans un dialogue, à une “discussion de fond” sur les réformes constitutionnelles et électorales, en vue de parvenir à un accord.

Dans une déclaration commune publiée lundi soir, les acteurs de la communauté internationale demandent aux protagonistes de la crise qui secoue le pays depuis plus de six mois “à dépasser leurs positions de principe”. “La coordination (…) appelle les parties à s’engager sans délai, dans l’intérêt de tous les Togolais, dans une discussion de fond sur les questions constitutionnelles et électorales, afin de parvenir à un accord sur les réformes”, indique le communiqué.

Entamé le 19 février sous la supervision du président ghanéen Nana Akufo-Addo, le dialogue a été aussitôt suspendu après la deuxième séance tenue le 23 février. Selon des sources proches des pourparlers, les débats ont achoppé sur “le retour à la constitution de 1992”, qui implique une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

L’ONU, l’UE et ces trois ambassades “constatent les difficultés” rencontrées par le facilitateur ghanéen et appellent les protagonistes “à parvenir à un accord sur un cadre démocratique rénové” qui permette d’organiser “des élections libres et transparentes”.

Au lendemain de la suspension des discussions, le président ghanéen a entamé une série de consultations à Accra où il a reçu les délégations de l’opposition et du pouvoir. Ses émissaires séjournent depuis la semaine dernière à Lomé où ils ont rencontré une délégation de l’opposition lundi soir.

La coalition de 14 partis d’opposition refuse que le président togolais se représente au scrutin de 2020, ce que souhaite le parti présidentiel.

Faure Gnassingbé en est aujourd’hui à son troisième mandat, ayant été réélu lors de scrutins contestés par l’opposition, en 2010 et en 2015.

Depuis septembre, des marches populaires pour demander la démission du président Faure Gnassingbé rassemblent des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes.

Ces manifestations ont été suspendues en raison de l’ouverture du dialogue, mais l’opposition a menacé ces derniers jours de reprendre ses marches.

Football : Akakpo Patron assure l’intérim à la tête de l’Asante Kotoko de Kumasi

Battu et éliminé du tour préliminaire de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF) aux tirs aux buts (6 contre 7) mercredi dernier à Brazzaville face au club congolais de CARA (résultat cumulé sur les deux phases un but partout), l’Asante Kokoto de Kumasi, a décidé de se séparer de son entraîneur titulaire, l’Anglais Steven Polack nommé en nombre dernier à la tête de ce club phare du football africain.

En attendant de lui trouver un remplaçant, l’intérim sur le banc technique sera assuré par le ghanéo-togolais Raphael Akakpo Patron, ancien joueur du club dans les années 90, passé également par FC Gapoha et des clubs asiatiques notamment Brunei FA, Mahindra United Mumbai, Khánh Hòa FC jusqu’en 2005. L’intérimaire Akakpo Patron, a également porté la tunique des Eperviers du Togo dans les années 90.

Le club à l’emblème de porc–épic est l’un des plus grands clubs du football africain avec 24 titres en championnat national et pour avoir gagné à dix reprises la coupe nationale. Au niveau africain, l’Asante Kotoko de Kumasi a gagné par deux fois la Ligue des champions de la CAF, en 1970, et 1983. Il a été cinq reprises, finaliste et à 3 reprises demi-finaliste de cette compétition. Par ailleurs, le club de la cité aurifère ghanéenne avait atteint la finale de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes en 2002 et la finale de la Coupe de la confédération en 2004.

©Ekoué SATCHIVI

Togo : la Coalition des 14 “n’acceptera en aucun cas, un 4e mandat de Faure Gnassingbé”

En conférence de presse mercredi à Lomé, la Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise a fait le point sur les premières discussions engagées avec le pouvoir togolais dans le cadre d dialogue politique ouvert le 19 février. Dans la déclaration liminaire lue à la presse, la coalition a relevé les points de blocages au dialogue et réitéré ses exigences pour une sortie de crise.

Déclaration liminaire

La Coalition des 14 remercie les populations togolaises pour leur soutien sans faille dès le début des manifestations et leur vigilante bienveillance manifestée à la Coalition depuis l’ouverture du dialogue national. Cette conférence de presse est l’occasion de faire au public à travers les médias, un premier compte rendu des travaux.

En effet les travaux du comité préparatoire ont débuté le jeudi 15 février 2018 sous la direction du Représentant du Facilitateur, le Ministre Ghanéen de la sécurité, Monsieur Kan Daapah.

Ces travaux consacrés à l’adoption du règlement intérieur du dialogue étaient articulés autour de ses principaux objectifs, de ses principes directeurs, des parties prenantes, de la composition des délégations, du mode de communication sur les travaux, de son déroulement et de son ordre du jour.  Ces travaux ont été, depuis le lancement des manifestations, l’occasion de tester pour la première fois en discussion directe, la volonté politique du pouvoir en place.

Les discussions ont été laborieuses et très compliquées. Le pouvoir s’est livré à son dilatoire habituel, cherchant toujours à gagner du temps avec toutes sortes de manœuvres. Mais les représentants de la coalition ont été vigilants de sorte qu’on a pu, à la fin de quatre jours de travaux, s’entendre sur un règlement intérieur signé par les deux protagonistes, ouvrant ainsi la voie au dialogue proprement dit.

Il est utile ici, de vous situer sur les points essentiels inscrits à l’ordre du jour.

La Coalition est parvenue à faire inscrire, en dehors des mesures d’apaisement et de confiance qui constituent un point à régler prioritairement par les participants au dialogue, les points relatifs au rétablissement de la Constitution de 1992, aux implications de ce rétablissement et à la  nécessaire transition qui doit conduire le pays à l’alternance démocratique.

Le pouvoir, de son côté, a demandé à inscrire le référendum sur la révision de la Constitution de 1992, le cadre du dialogue et la participation du gouvernement au dialogue.

S’y ajoutent les points qui se retrouvent conjointement dans l’agenda de chacune des parties, notamment l’amélioration du cadre électoral, les réformes institutionnelles et un mécanisme de mise en œuvre, de suivi et de garantie des Accords.

Vous avez tous suivi le 19 février, l’ouverture du dialogue avec la cérémonie présidée par le Président ghanéen William Dankwa Nana AKUFO-ADDO.

La Coalition voudrait ici, exprimer publiquement sa profonde gratitude au Président ghanéen pour sa disponibilité constante et les mots empreints d’enseignement qu’il a prononcés lors de son discours à l’endroit du peuple togolais et des citoyens de l’espace CEDEAO tout  entier.

Les travaux proprement dits, conduits par le Président AKUFO-ADDO ont démarré juste après la cérémonie solennelle et révélé encore une fois au monde la nature du pouvoir en place. Il s’est révélé que depuis la signature du communiqué du 02 février annonçant le dialogue, le gouvernement n’a pris aucune disposition relative à la réalisation des mesures d’apaisement jusqu’au démarrage du dialogue. C’est donc difficilement et avec l’intervention directe du Facilitateur que le gouvernement a pu annoncer le lundi 19 février dans la nuit profonde, la libération de 35 personnes détenues dans le cadre des manifestations suivie  le mercredi 21 février de la libération des six détenus dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé.

La Coalition tient à souligner qu’elle est dans l’attente de la réalisation de toutes les autres mesures d’apaisement, notamment la fin de la levée de l’immunité du Député Targone, la restitution de son passeport, la  levée de l’état de siège de fait des villes de Sokodé, Bafilo, Mango, l’effectivité du droit de manifester sur toute l’étendue du territoire national, une procédure concrète assortie de calendrier pour le retour des exilés et des déplacés et l’arrêt  des persécutions, arrestations, poursuites et violences à l’encontre des militants et dirigeants de l’opposition. Ce dernier point est important afin que chacun des responsables de l’opposition puisse avoir l’opportunité de participer au dialogue en toute sécurité.

La Coalition maintient que la poursuite des discussions sur les autres points de l’ordre du jour ne peut être facilitée que par la réalisation du reste des mesures d’apaisement.

Mais en attendant, la Coalition a accepté d’entamer les discussions sur le point concernant le rétablissement de la Constitution de 1992. Et c’est sur ce point que les travaux achoppent parce que le régime RPT/-Unir s’y oppose, n’étant préoccupé que par la candidature du Président actuel, Essozimna GNASSINGBE à la Présidentielle de 2020.

Vous comprenez donc, que la Coalition qui n’est que porteur des aspirations légitimes du peuple ne puisse en aucun cas accepter un accord qui permette au président actuel de se présenter en 2020 pour un quatrième mandat.

La Coalition demande aux populations de rester mobilisées !

Togo // Ouverture du 27e dialogue politique pour une sortie de crise

Inattendu avant le 19 août 20117 et annoncé à plusieurs reprises depuis fin novembre, c’est finalement ce lundi que le 27e dialogue intertgolais s’est ouvert à Lomé entre pouvoir et opposition, après la signature dimanche d’un accord entre les deux parties sur notamment, la composition des délégations et les sujets de discussion à l’issue de trois jours de travaux préliminaires sous l’égide de la médiation ghanéenne.

Présidée par le président ghanéen, Nana Akufo Addo, facilitateur, la cérémonie d’ouverture du dialogue a connu la présence de nombreux responsables politiques et diplomates, dont les ambassadeurs de France, des Etats-Unis et de Chine. Sans le président togolais qui a brillé par son absence à l’ouverture du dialogue, le facilitateur a indiqué qu’ “il est important, pour le respect des Togolais, que leurs dirigeants soient perçus comme étant capables d’arriver à des solutions qui feront avancer les conditions de la population de ce pays”, et ce dans “un esprit d’entente et de compromis“. “Je n’ai pas de parti pris, je suis venu ici pour soutenir un dialogue qui va faire que le peuple togolais et ses intérêts sont bien pris en compte”, a-t-il précisé, appelant les Togolais à “déterminer” eux-mêmes l’avenir de leur pays.

Le dialogue, qui doit durer une dizaine de jours, devrait aborder un large éventail de préoccupations, dont le “rétablissement de la Constitution de 1992” – qui prévoyait un maximum de deux mandats présidentiels -, une “transition” politique et des “réformes électorales”.

Chacune des deux parties – la coalition des 14 partis d’opposition et le parti au pouvoir (Union pour la République, Unir) – est représentée par sept délégués. La participation du gouvernement devrait être discutée durant le dialogue.

Togo : Rotary club fête son jubilé d’or

Le 16 février 1968, Rotary club district 9102, une association à vocation humanitaire qui comptait juste 32 membres, tenait sa toute première réunion au Togo. Aujourd’hui, 50 ans après, qu’ils soient natifs ou résidents, le cercle des nouveaux adhérant aux idéaux du Rotary s’est progressivement élargi.

Rotary club est présent sur tous les plans  dans le pays à travers des projets tels que la construction et l’équipement des dispensaires, d’écoles,  de latrines, des prises en charges des orphelins, ainsi que les campagnes de vaccination…

Face aux besoins sans cesse croissant des populations en situation de fragilité dans les villes et campagne du Togo, les Clubs Rotary offrent leur disponibilité, déploient leur énergie, leurs savoir-faire et les moyens financiers en appui aux pouvoirs publics.

En effet depuis sa création en 1905 par Paul Harris, l’association  rassemble des membres qui se donnent corps et âme pour servir la communauté dans laquelle elle évolue ; d’où sa devise « servir d’abord ».

Le Rotary International est un réseau mondial de plus de 1,2 millions d’hommes et de femmes d’affaires et de professions libérales de part le monde. Le Rotary compte aujourd’hui au Togo une quinzaine de club en dehors de ses démembrements tels que les clubs Winner Wheel qui réunissent les femmes uniquement, les Rotaracts pour les jeunes, les Interacts pour les les lycéens et les UDC pour les communautés à potentiel.

Pour marquer ses cinquante ans d’existence, Rotary club étend ses activités jusqu’en juin 2018. Au menu, des semaines d’expositions photos, des opérations de nettoyage des espaces publiques de Lomé, des journées de sensibilisation de la population sur certaines maladies et des dîners de Gala pour collecter des fonds pour les projets au bénéfice des personnes en situation de fragilité.

Togo // Dialogue du 15 février : entre indifférence, incertitude et espoir

A quelques heures de l’ouverture du dialogue politique du 15 février, les Togolais sont partagés entre indifférence, incertitude, inquiétude et espoir. Blasés par les nombreux accords conclus par la classe politique depuis les années 90 sans aboutir à une réelle décrispation des tensions politiques, beaucoup ne souhaitent se faire aucune illusion de l’issue des prochaines négociations sous l’égide du président ghanéen, Nana Akufo-Addo. Ce désenchantement barre la une de L’hebdomadaire togolais, “L’Indépendant Express” de ce mardi avec ce titre péremptoirement prémonitoire : “Togo, les coulisses d’un dialogue mort-né“.

Mais encore, faudrait-il que l’accouchement du bébé-dialogue, mort ou vif, ait lieu. Inquiétudes nourries par les passes d’armes entre pouvoir et opposition depuis l’annonce du dialogue.

Ainsi, à 48h du démarrage des hostilités, des incertitudes planent toujours sur la tenue effective du dialogue. Non seulement aucune information n’a filtré sur la composition des différentes délégations ni le lieu du dialogue, mais encore l’agenda des discussions est loin d’être finalisé. Aussi, en dehors des mesures d’apaisement exigées par l’opposition avant toute discussion, le leader de la contestation qui vit depuis quelques semaines en clandestinité, a récemment exigé des garanties de sécurité avant de prendre part au dialogue.

Au-delà des scepticismes et des craintes, subsiste toutefois une lueur d’espoir de voir la classe politique togolaise, dans un sursaut d’orgueil patriotique, dépasser les positions très tranchées pour accoucher, dans l’intérêt supérieur du Togo, d’un nouveau contrat social. Les pressions diplomatiques qui s’intensifient ces derniers jours peuvent pousser les parties prenantes à privilégier l’intérêt général.

Alors que l’ONU, l’Union européenne et les ambassades d’Allemagne, de France et des États-Unis au Togo “encouragent les acteurs politiques togolais à travailler de bonne foi pour aboutir à un consensus sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles, ainsi qu’à se mobiliser ensemble pour les mettre en œuvre”, le président nigérian a, de son côté, et sans langue de bois, mis ouvertement en garde le Togo contre l’instabilité politique. Muhammadu Buhari a indiqué que les “transitions politiques pacifiques” n’étaient “plus négociables” en Afrique de l’Ouest, craignant que toute crise politique ne déborde sur les pays voisins.

D’autres diplomates, dans l’ombre, œuvrent également pour que sorte du dialogue du 15 février, un compromis politique acceptable par tous. De plus, la présence effective du président ghanéen lors des négociations à Lomé, ne sera pas sans conséquence sur l’issue du dialogue.  Mais au-delà de tout, ce qui ferait le succès du dialogue du 15 février, ce sont les conséquences imprévisibles de son échec.

 

Togo // Nouvelle grève de 72h des enseignants des cours primaire et secondaire

La plupart des établissements d’enseignement primaire et secondaire sont restés fermés mercredi au Togo au premier jour d’un mouvement de grève de 72h lancé par la Coordination des syndicats des enseignants du Togo (CSET) pour exiger que la question des primes et indemnités soit débattue en priorité dans les discussions avec le gouvernement.

La première session du groupe de travail mis en place par le Premier ministre togolais pour trouver des solutions aux problèmes du secteur de l’éducation a démarré le 30 janvier dernier à Lomé. Au regard des points inscrits à l’ordre du jour, les syndicats des enseignants ont constaté que les points-clés de leur cahier de doléances sont relégués au second plan, leur faisant croire que le gouvernement joue au dilatoire. « Cette question doit être achevée en un temps record afin d’apporter l’accalmie et de permettre d’aborder les autres questions dans la sérénité », fait savoir le CSET. Ils avaient alors déjà observé une grève de 72 heures, du 30 au 1er février 2018.

Dans le cadre des discussions avec le gouvernement, le ministre togolais de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative Gilbert Bawara, a appelé les enseignants grévistes à faire « prévaloir l’intérêt du système éducatif en œuvrant pour une accalmie et un apaisement dans le secteur de l’éducation ».

 

Togo // Crise estudiantine : le président de l’université de Lomé prône la fermeté

En réaction à l’arrestation mardi du président de la Ligue togolaise des droits des étudiants (LTDE), Foly Satchivi et d’une dizaine de ses camarades, le président de l’université de Lomé, Dodzi Komla Kokoroko n’a pas pris de gants pour qualifier les contestations qui agitent le campus depuis quelques semaines. “Nous devons arrêter la pagaille et la manipulation“, dit-t-il, en évoquant les raisons des arrestations de mardi. “Quand les étudiants avec des frondes, des lance-pierres et des bidons d’acide se préparent à s’en prendre à la police universitaire et à semer l’anarchie, nous devons agir“, a confié à la presse Dodzi Komla Kokoroko.

L’université de Lomé est secouée depuis plusieurs jours par des mouvements de colère des étudiants. Le 23 janvier, une manifestation avait entraîné des échauffourées avec les forces de sécurité sur le campus de Lomé. Les revendications des étudiants portent sur l’insuffisance du nombre de salles de cours, l’absence de laboratoires dans les départements de langues et à la faculté des sciences. Ils protestent également contre la hausse sensible des frais de scolarité – 176.000 et 301.000 F.CFA en master et doctorat contre 22.500 F.CFA par an précédemment.

Le président de l’université de Lomé qui a engagé des réformes académiques, pédagogiques et sur le plan des infrastructures sur le Campus de Lomé, se dit disposé à examiner, dans des conditions précises, les doléances des étudiants. “Tout se fera à l’université de Lomé par la confiance, la discussion et le respect “, prévient-il. Mais les étudiants ont déjà annoncé de nouvelles manifestations pour exiger notamment la libération de leurs camarades détenus.

 

 

 

Togo // Le C14 “chauffe le terrain” en attendant l’ouverture du dialogue

Bravant la trêve de manifester avant l’ouverture du dialogue politique prévue pour le 15 février, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Lomé samedi, à l’appel de la coalition de l’opposition pour demander le retour à la constitution de 1992 ou le départ du président Faure Gnassingbé. Les manifestants ont sillonné plusieurs artères de la capitale, scandant des slogans hostiles au régime, avant d’assister à un meeting.

Devant des militants surexcités, le Chef de fil de l’opposition a écarté toute idée de “suspendre” les manifestations publiques comme l’avait indiqué un communiqué vendredi, des représentants guinéen et ghanéen, pays médiateurs dans la crise qui agite le Togo depuis fin août 2017. L’opposition tout en continuant d’exiger des “mesures d’apaisement”, notamment le retrait des forces de sécurité dans le Nord et la libération de partisans arrêtés pendant les marches et lors de l’incendie des marchés de Kara et de Lomé en janvier 2013, a annoncé qu’elle sera autour de la table de discussion le 15 février.

Selon le communiqué rendu public par le ministre ghanéen de la sécurité, Albert Kan-Dapaah, et le ministre d’Etat guinéen, Tibou Kamara, la question de la libération de “personnes faisant l’objet d’une détention provisoire dans le cadre de l’affaire des incendies” sera examinée de manière prioritaire à l’ouverture du dialogue.

 

Togo // Semaine de grogne socio-politique : l’orage qui annonce la pluie ?

Le corps médical d’un côté, les enseignants de l’autre, le Togo vit une semaine de grogne sociale tous azimuts. Se mêlent aussi à cette valse de débrayage, les agents de la fonction publique alors que les partis de l’opposition rebattent les pavés les mercredi, jeudi et samedi.

En ce qui concerne le corps de la santé, le Syndicat des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) qui observe à compter de mercredi une grève de 48h, exige notamment l’équipement des hôpitaux publics et le recrutement du personnel soignant. Au Togo, le secteur de la santé compte plus de 10.000 agents dont plus de la moitié sont des contractuels. Le mouvement sera suivi par les enseignants des écoles primaires et secondaires du secteur public, qui ont multiplié les grèves ces derniers mois, et poursuivent un nouveau mouvement social de 72 heures à partir de mardi.

De son côté, la coalition de 14 partis d’opposition a entamé ce même mercredi de nouvelles manifestations qui vont se poursuivre jeudi et samedi pour “dresser le bilan de la gouvernance de Faure Gnassingbé”.

Mais c’est sur le campus universitaire de Lomé que les tensions sont les plus vives. La semaine dernière une manifestation a entraîné des échauffourées avec les forces de sécurité sur le campus de la plus grande faculté du pays. Les étudiants exigent également une augmentation des secours XXX de 12.000 à 25.000 F.CFA (18,29 à 38,11 euros) par mois et des bourses de 17.000 à 45.000 F.CFA (25.92 à 68.60 euros) par mois. Si les mouvements estudiantins ne sont pas rares à Lomé, cette année la faculté de médecine a décidé de se joindre au mouvement, dénonçant l’augmentation “exagérée” des frais d’inscription en master et doctorat.

Après des mois de contestation populaire contre le pouvoir, le Togo traverse ainsi une semaine spéciale de forte grogne sociale qui risque de faire tache d’huile.