Désarmement nucléaire : un traité interdisant la production de matières fissiles en préparation à Lomé

L’arrêt de la production de matières fissiles pour les armes nucléaires est prioritaire pour l’humanité et central dans le processus de désarmement nucléaire, avec l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).

De même que le TICE a établi une limite au développement qualitatif des armes nucléaires, un traité interdisant la production de matières fissiles pour les armes nucléaires, parait indispensable pour établir une limite quantitative d’ensemble pour les arsenaux nucléaires, juridiquement contraignante et de portée universelle.

C’est dans cette perspective que le Bureau des Nations pour les Affaires de Désarmement (UNODA), à travers le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC) avec l’appui financier du gouvernement canadien, a démarré le mardi 14 mars, un atelier de deux jours sur le processus consultatif du Groupe d’experts de haut niveau chargé de l’élaboration du traité interdisant la production de matières fissiles.

L’objectif de l’atelier est de faciliter le dialogue au niveau régional entre États membres sur leur implication dans l’adoption d’un futur traité en lien avec les instruments internationaux et régionaux déjà existants, a expliqué Anselma Yabouri, le Directeur de l’UNREC, la rencontre de Lomé à laquelle prennent part des experts de 26 pays francophones africains et apparentés, permettra aussi le partage de connaissances et d’informations au sein des régions, sur les questions relatives à l’interdiction de la production de matière fissile.

Le traité interdisant la production de matières fissiles viendra donc compléter le TICE, pour constituer un arsenal juridique permettant de réaliser le double gel qualitatif et quantitatif des arsenaux nucléaires, essentiel pour la poursuite des efforts de désarmement.

L’enjeu de cette rencontre de Lomé est capital pour le continent africain sur lequel, plusieurs pays dont le Niger, la Namibie, le Malawi et l’Afrique du sud sont producteurs d’uranium, matière première à qui constitue, au-delà de son utilisation civile, une véritable menace en raison de son rôle dans l’industrie de l’armement.

Après l’étape de Lomé sur le continent africain, d’autres rencontres sont prévues en Asie, dans le Pacifique, en Amérique Latine et dans les Caraïbes pour la finalisation du traité.